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DELIRES.

Flux, ruissellement, chants d’oiseau, même les arbres pleurent celui qu’ils voient tomber,
Rivière altière glisse vers la mer qui fait l’infinité. D’opale et d’émeraude, mille reflets portent les mouettes criardes quand remonte le filet de mon imaginaire. Au fond, je n’ai rien retrouvé, qu’un oursin, une étoile, et une écharpe tissée aux algues marines.
J’ai quitté mon village, et j’ai fui ma forêt, perdu mes oisillons, pour un ciel grand comme un océan.
Je m’étais levé tôt histoire de ne pas m’apitoyer sur mon âme entrevoyant sa déchirure : il faut choisir entre la mort ou l’aventure, hisser le mât, gonfler la voile, oublier la tendre nuit qui s’éteint et se saisir de l’aube, et embarquer sur des flots rouge de meurtrissures.
Ma coquille de noix vacille ballottée par les vagues ; mugissent au milieu du fracas des plaintes antiques atteignant finalement mon âme en un faible murmure. Je voudrais relancer mon filet croyant encore à quelques présences : trésor caché, récompense d’éternité ; mais ma raison s’y oppose : au fond, je n’ai trouvé qu’un oursin, une étoile, et une écharpe tissée aux algues marines.
Effrayé, voilà que je me surprends à repousser l’immensité périlleuse. J’abandonne l’océan pour d’autres pensées ; salmonidé nageant à contre courant, j’entends bondir la rivière, j’en sens le ruissellement envahir ma chair, ce même flux dans mon sang… Je reviens, J’ai de la sève à revendre pour nourrir les illusions, mille reflets portent mes soleils brisés…Je reviens…
Et je rejoins les arbres qui pleurent celui qu’ils voient tomber.

Pierre WATTEBLED- le 1er décembre 2013.

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