Elles Hos-Air les faits minimes

Mon intemporelle,

Tu as du prendre un raccourci dans les bouclettes du temps, les ondulations de la transformation, les anglaises des heures. Comme sur un toboggan de parc aquatique, je glisse sur ce bleu d’un temps cyclique.

Je dirais que j’ai un cycle tout personnel de 20 ans, je renais à une nouvelle vie tous les vingt ans. Ma mère était hyper tendue lors de ma naissance, puis je suis née comme une fleur, une lettre à la poste. Alors tous les vingt ans je me mets un coup de stress incroyable.

A 40 c’était chaud, j’ai commencé à appréhender bien des mois avant. C’était comme d’arriver sur une nouvelle haie ne sachant pas comment la franchir. Bien sur, la vie n’allait pas s’arrêter brusquement du jour au lendemain parce que j’avais 40 ans mais c’était mon impression.

Un jour lors d’un colloque mes deux voisines parlaient d’un site génial d’écriture. Justement l’idée d’écrire me trottait dans la tête. Je note le nom du site : la guerre des mots.

Je rentre chez moi et après une phase d’observation, timidement je poste quelques mots. Derrière l’anonymat je me sens en sécurité. Je parsème des petits cailloux et créée des liens virtuels encourageants. Peu à peu, on se retrouve, on se reconnait et bientôt je me sens suffisamment en confiance pour créer. Ma timidité devient audacieuse. Et tous les jours j’invente la route du taxi-brousse, me défie. Découvre et dévoile des sentiments, des émotions, des capacités. Je me souviens que même le temps s’était mis de mon côté, il pleuvait et faisait gris lorsque j’apprivoisais le clavier.

C’est en écrivant mon premier long récit que je fête mon anniversaire, heureuse de connaître cette partie de moi. Connaître c’est naître avec, c’est renaître à cette partie de moi.

J’ai eu envie de glisser dans les boucles du temps et de te raconter mon chemin d’écriture. C’est un beau chemin, au bord duquel tu sèmes et arroses des graines magnifiques. Merci infiniment pour ce partage.

Tu connais l’histoire du porteur d’eau dont une des jarres est fêlée ?

Un jour elle se désole auprès de son porteur d’être si peu efficace en rapport à sa voisine, elle qui laisse échapper tant d’eau sur le chemin et l’oblige à multiplier les allers-retours.

Le porteur la rassure. Appréciant sa fêlure, il a semé de son côté du chemin des graines de fleurs, qu’elle arrose sans le savoir. Ainsi, il fleurit sa demeure et sa vie.

Je t’embrasse.

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