Les Soleils neufs – Maxime N’Débéka

Maxime N’Debeka, né le 10 mars 1944 (73 ans) à Brazzaville, est un auteur dramatique, metteur en scène, conteur et poète congolais. Il est ingénieur des télécommunications de formation, formé dans une école de cadres au Sénégal. Il est directeur de la culture et des arts de 1968 à 1972, il co-organise le premier Festival des arts au Congo et fonde en 1969 le Centre de formation et de recherche d’art dramatique (CFRAD) de Brazzaville. Il est exilé intérieur (1972-1975) puis il s’exile en France après qu’un de ses poèmes, Le Président, a servi de « cri de ralliement lors de manifestations contre le pouvoir ». Il retourne au Congo en 1993, et travaille comme ingénieur, puis devient ministre de la culture (1996-1997) avant de s’exiler lors de la guerre civile du Congo-Brazzaville en 1997. Il réside en France avec sa famille.

Entretien pour Africultures le 10 mars 2015. Extraits :

Maxime N’Debeka. « Le recueil Soleils neufs réunit quelques textes écrits de 1960 à 1968. Les tout premiers ont même été présentés par le Centre culturel français dans une plaquette (Poèmes maigres et aigres) en 1966. On m’a consacré poète, puis poète révolutionnaire, très tôt, trop tôt. Le pays et l’époque avaient sûrement besoin d’une voix singulière. Car que savais-je de la poésie ? Rien. Soleils Neufs ou les paroles des années 1960 n’ont été que le départ d’un long voyage pour tenter de découvrir la poésie et tenter de s’en approcher. De Soleils Neufs à Toi, l’impossible chimérique, c’est une aventure semée de réussites et d’échecs, d’espoir et de désenchantement qui me mène en moi. Je me suis rendu compte, après bien d’autres voyageurs, que ce cheminement n’est pas une partie de plaisir, mais dépassement, ascèse, combat, frustration, souffrance. Après chaque mot, chaque vers, chaque poème, je me suis retrouvé plus pauvre, plus malheureux, vide. À chaque fois, la poésie s’est dérobée. Et je ne sais pourquoi quelque chose me pousse toujours à la rechercher. Je veux toujours l’entrevoir, et si possible la toucher, la sentir, la goûter. Allez savoir pourquoi…

(…)

Les malheurs, les laideurs, la barbarie ne connaissent pas de répit. Le chaos semble se répandre partout. Mais quand la beauté semble finir, s’abolir, il survient un sursaut. Un grain de beauté, une parcelle de vie, n’importe comment réapparaît au cœur de la déliquescence des êtres et des choses. À ce moment-là, la poésie me fait miroiter quelque facette de sa nature : la résistance, la révolte, l’insoumission, la faim furieuse de bonheur…. »

Lire l’entretien avec Maxime N’Debeka sur AFRICULTURES.

Homme nul n’a sondé l’envers des soleils
Méfie-toi des métamorphoses des larves
Des costumes multicolores des caméléons
Des dandys aux monocles des soleils neufs

Un piteux voilier mordu par un banc de sable
Rate les roulis aux djiguidas de vertèbres
Je contemple mon âme se gaver de boue
De l’envers des soleils

Matériau de nos échecs

(L’oseille/Les citrons, P.18).

~~~

Une aube inonde mon âme

Et ma plume se soûle de vins

De chants, de danses, de tam-tam

Des rires d’hommes et de femmes
De liberté enfin…enfin…

Une aube inonde mon âme…

(Soleils neufs, p.47.)

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