Pareil au forgeron frappant le fer rougi
Le poète attablé seul le soir, démuni
Il cherche et fouille le pire des mots, même banni
N’ayant pour s’éclairer l’esprit qu’une bougie

Qu’un lanterneau, la lueur d’un sémaphore
La compagnie des souvenirs en trompe-l’œil
Lui balbutient des brides de métaphores
Il se bouche l’ouïe et se ferme d’orgueil

Croyant par son don détenir la vérité
Il appelle au secours ses muses aux noms savants
Et déclame à tue-tête des vers décevants

Dont ses démons, ivres-morts lui font la dictée.
-Pauvre poète, petit homme, écrivailleur!
Se dit-il… déjà la folie l’emporte ailleurs.

Antonio Giuseppe Satta

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