RC 65 L’adoration du veau dollar

L’adoration du veau dollar

Cet écrit est purement fictif. Les personnages et situations n’ont jamais existés.

Quoique… la ressemblance avec certains trous de balle est carrément voulue.

 

La bourse de Détroit se félicitait déjà de sa super cotation et tous les milieux financiers bourdonnaient comme des guêpes dont on aurait rallongé le dard.

Le dard est à la finance ce que le Frédéric est au polar : un aiguillon qui ranime les envies de sommeil.

Au milieu de toute la faune des viols au vent financiers, un homme se détachait par sa vénalité et son amour immodéré par le gain : H.T. Lehmann, frère de H. V. Lehmann.

Les rapetout, comme on les surnommait dans le milieu, avaient de qui tenir car ils descendaient directement de P. T. Lehmann, le général yankee qui, en 1830, avait instauré la destruction systématique des troupeaux de bisons afin d’affamer les indiens et pouvoir ainsi les chasser de leurs terres.

En pays Occitan, une pensée résume bien cet atavisme : »Oun tchot fa pas de perdigas » que l’on peut traduire par : un hibou n’engendre pas de perdrix ou bien, un chien ne fait pas des chats.

A quoi serviraient les gènes si on devait se gêner ?

La période faste pour les investisseurs faisait tourner la tête au petites gens qui signaient des emprunts à louche-que-veux-tu pour acquérir the super house off the raisin fun…

Elles est pas belle ma maison ? L’américain moyen qui pensait ne pas manquer de moyens se rengorgeait devant le mirage de sa maison de rêve.

Le banquier devenait sans mal, l’ami qui ne vous veut que du bien : le vôtre bien sûr !

Les crayons des architectes faisaient bonne mine et les pools de matériaux vendaient au prix fort : celui de la démesure exigée par Mr and Mrs Smith, les lambda’s amerloques.

En ce jour de septembre 2008, Akatagi accompagnait, à sa demande, le sheriff Hank qui devait interroger un trader sachant trader à la bourse de Détroit, Michigan.

L’affaire semblait assez banale : un soit disant tout petit délit d’initié comme on en voyait tous les jours depuis quelques années. Une bouteille à l’amer, lancée par un petit contribuable lassé  de se faire rouler par le trader susnommé.

Le sheriff Hank et Akatagi durent se faire une raison : la bourse de Détroit était, en fait, l’arrière salle d’un restaurant.

Bien équipée d’ordinateurs branchés directement à la maison mère de Wall Street à New York, la mini bourse de Détroit n’en demeurait pas moins remplie de preneurs d’ordres criards et de receveurs d’ordres sourdingues.

Ils venaient juste d’entrer quand une immense clameur de joie souleva toute la salle : l’indice local venait de pulvériser son record.

–        Hé, vous ! le sheriff attrape un courtier par la manche, vous pouvez me dire où je pourrais trouver Mr Towson ?

–        Hein ? Quoi ? J’entends pas ! C’est la fête monsieur !

–        Mr Towson ! hurle sheriff

–        Je m’en fous de Mr Towson, je viens de ramasser 10 000 dollars en moins d’une heure!

Akatagi, stupéfait par l’énormité de la somme si vite gagnée, regarde le sheriff Hank en secouant la tête:

–        Comment est-ce possible, sheriff, à vous, il faut au moins trois mois pour gagner ça ?

–        Ouais… mais ce que gagne l’un est perdu par un autre…

–        Vous voulez dire…

Akatagi réalise alors le côté dramatique de la situation et ça le met dans une colère noire foncée. Il lève les yeux vers le ciel et se met à crier en silence

–        How, Pawata mon père, les hommes sont devenus fous !

–        Voici longtemps que ça a commencé lui répond une voix caverneuse dans sa tête.

–        Mais ne peux-tu donc rien faire, toi si puissant ?

–        Hummm, puisque tu me le demandes, je vais leur donner une petite leçon en espérant que ça leur servira d’exemple.

Les cours continuent à monter quand, soudain, une formidable lueur jaillit dans la salle puis, toutes les lumières s’éteignent créant un début de panique.

–        C’est le disjoncteur, allez le ré enclencher ! Hurle la voix du patron

Et la lumière fut…

Plus opaque, plus glauque…

Un cri d’étonnement avertit les boursicoteurs :

–        les côtes diminuent !

–        Encore

–        Et encore

–        My God ! Elles s’effondrent !

Consciencieusement, le sheriff Hank note sur son rapport : « Il semblerait que la bourse chute anormalement « 

Ça… pour chuter elles vont chuter comme les feuilles des arbres en ce mois d’octobre.

Ce sera le début du krach de l’automne 2008.

Sera-ce le début de la sagesse des hommes ?

Rien n’est moins sûr…

 

 

 

 

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17 thoughts on “RC 65 L’adoration du veau dollar”

  1. Di says:

    Et voilà ! Akatagi parle peu mais agit vite. C’est un petit miracle à lui tout seul. Pendant que le veau dort, ce sont les bisons qui disparaissent et la bourse qui dégringole. Sauvons le huard canadien $ pour qu’il ne chute à son tour. La leçon fut brève mais la colère noire foncée a porté ses fruits et cette fois ce ne sont pas les riches qui gagnent au change, ni les pauvres d’ailleurs. On ne les voit jamais dans de tels lieux.

    1. aganticus says:

      Sauf que les riches perdent beaucoup moins souvent que les pauvres.
      Hélas…

      1. Di says:

        Mais quand les riches en perdent, ils en perdent beaucoup plus.

        1. Economik Child says:

          Pas sûr car de ce qu’ils perdent, les « pauvres » sont mis à contribution…

  2. Lenaïg says:

    Il faudrait une super intervention magique comme celle-là pour brouiller tous les réseaux informatiques financiers qui spéculent sur de l’argent artificiel, et pire que jamais. Un joli coup de Pawata et d’Atakagi en 2008, maintenant on sait qui a initié le krack ! 😉

    1. aganticus says:

      C’est une affaire de cracs…

  3. Claire Sirois says:

    Un vrai chemin de « crois cancéreux ». Pour une poignée de ça ! I beleive, la tumeur sur le Net qui passe partout en raflant les mises. Pendant que vous adorez, le veau passe aux chinois culinaires, moindre coûts. Une bouillie pour les chamans sur le paillasson sera bien servie: potion magique. Ne melanchons pas tout. Akatagi, fils du grand Pawata, sauvera le monde. Il l’a promis l’a juré pour la vie.
    Grand Aganticus, encore une fois, tu nous popularises le grand discours du GIEC. Ça ronronne sous le capot. On est à Détroit pour modifier l’histoire. Début de sagesse ? Déjà ça barde et les bardes se battent du haut de leur branche par ici et par là. Urgent besoin de changer le mode d’emploi…la manière de sécuriser la vie sur cette planète. Bon. J’arrête. Ton texte débordant d’humour me pointe le mur droit devant ! Bravo.

    1. aganticus says:

      C’est comme cet écolo (un vert chez nous) qui visite New York
      Qu’affichent les journaux ?
      « Le vert est dans la pomme »
      Quant à changer le mode d’emploi, y’en a qui ont essayé.. Mais ils ont eu des problèmes…

    2. Geri says:

      Great arecilt, thank you again for writing.

  4. Marie Louve says:

    Inutile de préciser que je galère solide avec mon Imac qui me fais damner. Un texte à la mesure de la sagesse de notre Pawata . Bises pour ce beau cadeau emballé pars des jeux de mots brillants d’intelligence du coeur.

    1. aganticus says:

      Li mac ti fait di misères ? Change di trottoir…

      1. Marie Louve says:

        Cé putois ! ????

  5. bakachild says:

    Merci de ce chapitre salutaire… et comme mentionné en fin de chapitre 38 du RC, le fils Bates qui côtoie le microcosme financier est sur un gros coup avec Mr Spencer, banquier intersidérant qui lorgne sur la maison des écrivains…

    1. aganticus says:

      Le Spencer, il a intérêt à lorgner propre sur la maison que nous défendons, sinon il se pourrait qu’il se fasse tailler un haut de costar…

  6. Bakachil says:

    Akatagi à l’origine du krach 2008 ! Et Adam Smith le maudit…

    1. Heaven says:

      That inhsgit’s perfect for what I need. Thanks!

  7. Sandy says:

    All things cosrddenei, this is a first class post

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