Roman Chorale 41  Les prairies éternelles

 

Pawata s’approcha doucement du cercle imbherbe.

Tous les signes cabalistiques indiquaient que la vieille maison n’avait pas été violée de son sens initial.

Les habitants se chamaillaient encore et Pawata se dit que ce serait ainsi jusqu’à la fin des temps : l’homo civilisius préférait préparer la guerre pour avoir la paix au lieu de préparer la paix pour ne pas avoir la guerre…

Ceci resterait une grande énigme pour le sage mais il ne désespérait pas que Manitou lui explique pourquoi, une nuit ou l’autre.

Peut-être que si les habitants avaient été des indiens des tribus du nord, ils auraient envisagés la cohabitation pacifique mais peut-on en vouloir au serpent s’il ne peut que ramper ou au coyote de hurler la nuit ?

C’était ainsi et l’expérience tentée par cette tribu du sud de la France avait au moins le mérite de montrer à tous que même les petits accrocs entre amis n’empêchaient pas les plumes de crier leur vérité : quoi de plus débile qu’un guerrier qui se couche devant l’ennemi ?

Pawata fit un dernier tour des horizons, huma profondément l’air de Détroit, leva les mains vers Manitou en psalmodiant l’incantation aux ancêtres et commença à s’élever dans le petit matin calme.

Sa mission était terminée et il devait rejoindre les grandes plaines des chasses éternelles.

Il espérait, tout de même que les scribes à la plume agile gagneraient la confiance du propriétaire de la vieille maison.

L’herbe se remit brusquement à pousser sur le cercle imbherbe et l’âme de Pawata s’éleva dans la brume du Michigan River.

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