L’ASCENSEUR CELESTE

Par Air Nama – Extrait du recueil collectif LAT : « INCARNATION »

J’abandonne mon corps dans un champ d’herbe drue et de fleurs sauvages et multicolores, traversé par un ruisseau clair et abondant. Le love dans une bulle protectrice et laisse un instant non défini dans l’espace temps.
Je monte, je monte, je monte.
Dans l’ascenseur céleste, je le surveille et le vois rapetisser.
Je monte, je monte, je monte.
Mon corps, le ruisseau et le champ ne sont plus qu’un point minuscule. Alors dans ce nouvel espace j’ouvre grand mes oreilles. Je suis comme pendue au bout du fil, en attente. Et d’un coup je prends conscience de ma peur si jamais j’entendais quelque chose. Punaise, j’aurais une trouille bleue. Ce n’est pas que j’ai peur des ascenseurs, mais celui‐là quand on m’en avait parlé j’avais ri à en avoir mal au ventre. Bon faut dire que la fille elle avait vu descendre Marie en ascenseur. Une crise de rire mémorable.
Comme je n’étais pas prête à entendre ou voir quoi que ce soit, j’ai ressenti. Je me sens la bienvenue. Je suis attendue et accueillie. Je ressens une bienveillance et un amour infini. Ils sont heureux de ma venue et me le font savoir en emplissant
tout mon être de leur amour et leur joie.
Mon cœur bat à la chamade, les larmes coulent sur mes joues.
Patients, compréhensifs, compatissants et sûrs d’eux, ils attendent que je sois prête à les entendre. Ils sont heureux, je suis venue, j’ai su trouver le chemin. Je saurai revenir. La prochaine fois… Je suis bouleversée par cet accueil et leur hospitalité.
Se sentir aussi attendue et désirée quelque part, waouh !! Cela vous change la vie.
J’ai réintégré mon enveloppe terrestre avec la ferme attention de retourner les voir bientôt. Juste prendre le temps d’inscrire
dans mes tissus une telle révélation. Et découper dans mes jours, dans les rêves des petits bouts d’astral.
Ne pas oublier leur invitation. L’ascenseur céleste existe, je l’ai emprunté.
Merci, Merci, Merci.
Heureuse, confiante et pleine d’enthousiasme, je repars pour un voyage astral. Je les retrouve toujours si aimants, attentifs et généreux. Clairvoyants aussi.
Avec toute la tendresse de l’univers, ils tapent dans la cellule sur cette pierre noire de tristesse et de chagrin enfouie au plus profond de moi. Ce petit caillou que je m’évertue à emmurer brique à brique depuis toujours. Tout le monde naît avec sa part de chagrin. Je ne sais pas ce que chacun en fait, moi je l’ai muselée et enfermée.
Parfois, elle parvient à se frayer un chemin et inonde mes joues. Je mets ça sur le compte d’une mélancolie inexpliquée, colmate la fuite et remonte le barrage avec la rigueur et l’entrain du castor. Une vie entière à emmurer un chagrin, voilà avec quoi je reviens. Je peux vous dire que je n’ai plus trop envie de faire des tours d’ascenseurs. Je vomis ma joie. J’ai des hauts de cœur. Je baisse les bras et laisse l’eau envahir tout mon corps, rompre les digues, diluer les certitudes. Les yeux bleus
délavés, je pleure à gros sanglots comme je ne me rappelle pas avoir jamais pleuré. Je ne savais même pas qu’on pouvait pleurer comme ça. Je ne suis plus qu’angoisse. Je ne dois pas m’inquiéter, il paraît que ça va passer, que je vais aller mieux.
C’est le processus de guérison.
Incarnez‐vous qu’ils disaient, Incarnez‐vous !!
En,ombres chinoises, je danse avec grâce. Dans cette auto‐contemplation de mon intérieur, les pieds cette fois‐ci ancrés dans la terre. Profondément, je canalise les énergies. Les forces de vie pénètrent mes tissus, percutent mes chairs, la chaleur circule et éveille chacune des cellules. Je vis. De cet édifice, je connais la solidité des fondations, ses appuis solides,
la beauté de chaque pierre. Une intuition éprouvée laisse libre cours à la circulation des énergies, au raz de marée.
Sans autre choix que de prendre mon chagrin en considération, j’ai foi en la décrue. Acceptation de toutes mes particules.
Liberté.
Les barrières sont levées, les dessins des frontières s’estompent, restent les différences. Celles qui créent l’unité d’un monde pluriel, créateur, fertile.
L’amour comme moteur de vie, carburant du mouvoir quotidien. Un amour‐humour un peu particulier, surprenant.
Du bout des lèvres je me mets au service de l’amour. Mais doucement hein !

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