Le corps


Essais / jeudi, juin 5th, 2014

Le corps est une coquille. Il sert à contenir un étranger que le corps lui-même n’a jamais rencontré. Une certitude, une fois possédé par l’étranger,  le corps devient mortel. Quand l’étranger sort de la coquille, on ne le voit pas. Il part comme un voleur. On pourrait croire que l’étranger squatte une coquille, mais non. Il opérerait tel un virus, transmissible de façon circonstancielle entre congénères de même nature. Ce qui risque, dans les pires cas, de provoquer de méchantes épidémies vivantes qui, de par elles, surgissent plusieurs fins du monde à feu et à sang, ça et là. Dans les meilleurs cas, ça dure jamais longtemps. Parce qu’avec le temps, tout s’en va. Pouf ! Le corps et l’étranger partis en fumée quand il y a crémation avec des cendres dedans.  Sinon, les beaux vers d’Alexandrie ou d’ailleurs en feront leur pain quotidien. Faut pas se gratter la tête trop longtemps, c’est mauvais pour l’avenir. Je le savais. Mon passé est déjà mort.    

Un autre corps. Prenons par exemple une baudruche. Un corps plat tiré de l’intestin vidé et lavé, on l’espère,  d’un porc ou autre animal. Seule, elle est juste ça. Associée à une substance étrangère, elle devient du boudin, des saucisses ou une montgolfière. Le résultat, sera selon le croisement du corps et de son étranger. Vider la montgolfière de ses gaz, la coquille s’écrase et ses gaz, ni vus ni connus. Perdus dans la nature.
Croyez-le ou non, il existe des corps diplomatiques. Dans ces corps-là, bien sûr, on pense y trouver des diplômes. Pas toujours. Ils sont nombreux à courir partout. Ils sont un peu pareil au cheval de Troie sauf qu’ils ne sont pas cachés dedans et ne vont pas juste à Troie. Ils se brassent des mains à main avec des gants blancs pour pas se toucher.
À corps perdu ! Attention, danger. Une mystérieuse disparition causée par une aventure sans logique et surtout, sans prendre un garde du corps pendant ce corps à corps.
Prenez le coucou de grand-père. Mais oui, celui avec un coucou qui vous donne l’heure en comptant les cous. Lui, c’est un corps de meuble avec des aiguilles qui tournent avec le temps. Plus de meuble, plus de coucou de grand-père ! Les aiguilles ? Mais, je ne sais pas moi. Le temps doit en tricoter avec. Mettez-les où vous voulez. Tiens, disons au corps médical.
Pour finir, il y a des étoffes de corps pour se cacher dedans. C’est dans l’étoffe qu’on trouve combien vaut le corps sur le marché boursier. Un piège. Parfois, sous l’étoffe se cache une baudruche. Là, votre bourse va à la banqueroute. Ne reste que votre tire-lire à re-lire juste pour rire du corps fou.

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