L’Image

 

 

  

Tu m’as abandonné pour un trop long voyage

Ne me laissant, hélas ! le moindre souvenir ;

Nul objet, ni photo : le chagrin veut m’unir

A cette ombre fardée avec ton maquillage.

 

Le sourire fantôme embellit ton visage –

Mon âme l’entretient pour ne point agonir ;

Oasis d’un amour sur désert d’avenir,

La chimère m’élève en un monde sans âge.

 

Ainsi qu’une étincelle éclate dans le noir

Pour en trancher l’horreur, sa beauté laminoir

Coupe les embryons de mes peines, sans trêves.

 

Tu reviens regrettant, sanglotes, me maudis ;

Je demeure insensible à tes yeux affadis :

Tu t’effaces devant la femme de mes rêves.

 

 

Slévich, in Ombres d’Elle, Anachorètes S.A., tous droits réservés.

http://slevich.over-blog.com

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8 thoughts on “L’Image

  1. Un jour, j’ai retrouvé la photo d’une amie avec qui j’ai partagé une véritable passion… je n’en avais pas d’autres et revoir son visage ainsi, après plus de dix ans, m’a donné une étrange impression. Non pas que sa beauté réelle ait été en cause, non, mes souvenirs l’avaient tout simplement rendue encore plus belle… mémoire séléctive, nostalgie, les sentiments de l’époque,… dans une alchime mystérieuse rappellent combien on a aimé et transportent aussi bien qu’ils attristent… A ce moment, je me suis demandé : et si je la revoyais aujourd’hui ? Nous ne serions plus que des étrangers, hélas… d’autant que nous n’avions pas encore perdu la candeur de nos représentations amoureuses… Pas vraiment de l’orgueil, davantage un deuil qui prend fin. Merci pour vos deux lectures.

  2. Merci Slévich de raconter la source de cette poésie. À quelques nuances près, c’est ce que j’avais compris. Souvent, j’ai rêvé l’amour pcq ‘à certains moments de ma vie, j’ avais besoin de m’inventer l’autre pour répondre à un besoin aveugle. Mais demeure une blessure. En faire le deuil, me séparer de cette blessure ? J’ignore. Je sais juste que je peux en faire l’analyse, en nommer chacune de ses composantes, mais la mémoire demeure… Ça y est, je suis partie. Rire…

  3. Mais a-t-on raison de vivre ? – bon, ok, c’était facile – arf. Est-ce qu’en rêvant l’amour, nous aimons mieux ou moins bien ? Dans une certaine mesure, sans doute nous réinventons-nous tous nos histoires passées… Je ne sais si c’est pour rendre, entre autres, les malheureuses plus supportables, mais au final, ne sommes nous pas aussi quelque peu satisfaits par la mémoire défaillante ou non de ces blessures qui prouvent que nous avons vécu quelque chose de fort, une passion dont nous nous serions cru incapable de ressentir sans ? Je vous réponds à tous deux en même temps, parce que tout le monde que Slev est un grand paresseux – hu hu. Merci pour vos réflexions 🙂

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