Le voyage au Canada des Poissard

Je vous ai pas déjà causé de la cousine Guggy, la canadienne du Québec ? Ben figurez vous qu’elle nous a invité à aller la voir chez elle, au Canada.

Quand je dis invité, c’est juste façon de parler because qu’il a fallu se farcir les billets d’avion et chez Air France, ils acceptent pas le black; mais bon le geste y était et elle a eu la bonté de nous réserver un hôtel près de chez elle.

Nous voilà donc embarqués vers le Québec « libre » comme aurait dit notre semeur de merde, le grand Charles.

Le vol fut normal dans la mesure où madame Poissard, ma femme, ne vomit pas plus que le repas de la veille et son quatre heure.

Ce charmant docteur ayant eu la bonté de nous accompagner, côté pharmago nous étions à l’aise, Blaise.

Après avoir diagnostiqué le mal et son remède, du « pompe l’air la pilule contre le mal de l’air » il en demande à l’hôtesse de l’air qui, elle, avait le mal de mer. Le toubib appelle le steward qui avait l’air d’avoir les pieds sur terre mais, en réalité il était tête en l’air et voyant la tronche à l’envers de ma gro… de ma femme, madame Poissard, il la rassure en lui disant que les vécés étaient bouchés et qu’elle n’avait qu’à vomir dans son sac car les sacs à vomi n’étaient pas prévus sur ce vol.

Hou ! Que ça commençait mal !

Heureusement, cet empafé de docteur a fait des impositions de mains sur les nibards à madame Poissard et ça a marché; Moi, je lui ai juste demandé qu’est-ce qu’il dirait si moi je mettait la main sur ses impositions et il a rien pigé, ce con.

Bref, après une descente en escalier nous voici posés sur le magnifique aéroport Jean-Lesage et dans l’ambiance canadienne incomparable où le parler des cousins est tellement adorable avec leur « ain » à la place des « an ».

« – Vous aut’, les ceusins Frinçais, vous êt’ bin nèïfs d’ croèr que tout l’mond’ doit vous écouter com’ des donneurs d’leçons. »

Et paf, je prends ça dans mes gencives de la part d’une matrone plus imposante que ma Poissard; la fielleuse m’a répondu ça parce que j’y faisais remarquer qu’elle devrait pas trop s’asseoir sur ma valise sous peine qu’elle pète et elle a cru que je causais d’elle et non de la valise… Si vous sentez ce que je veux dire.

Arrivés en taxi à l’hôtel, « l’hôtel des six rois », la cousine Guggy nous attend et nous présente à la patronne qui se prénomme Claire (son père devait être vitrier).

Je me dis que je retiendrai ce moment où Claire des « six rois » m’a fait un bec car j’avais l’impression de l’avoir virtuellement vécu…

Elle nous  a expliqué, ensuite, qu’avant qu’elle ne l’achète, l’hôtel s’appelait « les six roses » et que le patron était alcolo… Elle a préféré changer de nom, pour avoir une foi inébranlable et ne pas se faire de bile pour son commerce.

Le lendemain, le premier désir de madame Poissard, ma femme, est d’aller dans un magasin d’alimentation… C’est dingue ça, non ? Faire six milles kilomètres pour visiter un magasin ! Y’a des baffes qui se perdent ! Mais comme j’étais de bonne humeur et que l’hôtel s’appelait « les six rois », je l’ai emmenée aux « quatre reines » dans Soler-Tracy, un quartier sympa de Québec. Ben vous me croirez si vous voulez, elle a rien acheté, madame Poissard, car elle a trouvé que tout était cher : 750 grammes de beurre de cacahuètes Kraft à 7,50 dollars, ça faisait quand même dix cents le gramme ! Et 750 grammes à perdre en rentrant !

Après, ce bon docteur a tenu absolument à ce qu’on aille voir des chutes Ouiatchouan à Val-Jalbert sur le lac St Jean: je vous raconte pas la trotte pour voir des petites chutes de rien du tout. Une fois rentrée, fatiguée et énervée madame Poissard, ma femme, a tenu à ce qu’on aille voir les chutes Victoria le lendemain…  Sous le fou rire général des gens de l’hôtel. Moi, j’ai pas voulu la contrarier et j’ai été acheter un CD pour pas qu’on fasse quinze mille kilomètres car elle devait être la seule a ne pas savoir que les chutes Victoria c’est au Mozambique. Rien que le nom du CD nous a fait marrer : « Zambèze et z’en laisse »… mais là où madame Poissard a moins rigolé c’est quand on a voulu le passer : c’était un film porno !  C’est le troisième jour que ça été le plus intéressant car nous sommes allés à un Pow Wow Iroquois et là, mes amis, j’ai été complètement sidéré par les couleurs, les musiques des tambours et l’engagement de tous les participants; Ha, je vous garanti que ça vaut la fête votive de St Etienne d’Estréchure ! On a eu droit à « l’hommage spécial, puis à « la danse du soleil »: fantastique ! On se demande pourquoi ces cons de visages pâles ont exterminés tant d’amérindiens. Le sheriff, qui est un indien Navarro qui a des mulets, nous a raconté que leurs ancêtres arrivaient même à se déchirer la peau pour rendre hommage à la souffrance de leur squaw pendant l’enfantement… C’est pas moi qui irait m’écorcher pour la mère Poissard, et puis d’ailleurs on a pas d’enfant : ça coûte trop cher; on a préféré avoir un chien… Rip qu’il s’appelle.

Y’avait un gonze tout emplumé qui faisait des signaux avec son calumet et je lui ai demandé ce que voulaient dire ses fumées… vous savez ce qu’il m’a répondu ? Que c’étaient les signaux pour dire à sa tribu qu’il avait arrêté de fumer.

Le summum c’est quand j’ai pu discuter avec le sorcier pour lui demander s’il pouvait rendre ma Poissard plus humaine et là, il m’a dit:

–        Hugh, désolé, moi pas faiseur de miracle… Et d’ailleurs, vous aviez un excellent shaman qui faisait de miracles en pagaille, mais vous l’avez crucifié avant qu’il donne ses trucs.

–        Doux Jésus me suis-je pensé.

Dans une boutique, notre bon docteur s’est mis à marchander comme un malade, le prix d’un tomawak; le marchand, un indien pied-noir de Mostaganem, s’est un peu foutu en colère; c’était la première fois que je voyais un indien sortir de sa réserve… il a tout de même accepté de descendre de deux dollars la hache qui en valait cent… Ma Poissard, qui calcule à la vitesse de l’éclair, a juste fait remarquer que ça faisait que deux pour cent.

Le lendemain, sur les conseils très avisés du sorcier, nous sommes allés visiter la grotte de la squaw, mais à part les tags des jeunes papooses désœuvrés, on a pas vu un seul dessin de bisons ou de loups; à croire que tous les peintres de la préhistoire venaient de chez nous, de Dordogne.

Ha, ce fut vraiment un voyage super fantastique et, pour le retour, on s’est vraiment tous marré au contrôle avant d’embarquer dans l’avion: le douanier a demandé à notre docteur d’où venait son tomawak car sur le manche il y avait inscrit : « made in China », si vous voyez ce que je veux dire…

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2 thoughts on “Le voyage au Canada des Poissard

  1. 🙂
    Merci de cet aperçu grandeur nature, je vais désormais pouvoir répondre positivement et sans appréhension à l’invitation de Mme des Six Rois.
    Tof’, gonze déplumé qu’a aussi arrêté de fumer

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