LOLITA

Sortis d’un tableau surréaliste, chapardé au célèbre musée DIA, ces personnages ne pouvaient échapper au décor lamentable des lieux devenus une jungle humaine. Le regard vide, tout autour, des zombies allaient nulle part en se pressant devant les autres pour arriver les premiers.

Sur le dime, Bad Daddy stoppa sa Daisy Litre. Une Lolita digne de Lady Gaga se laissa choir sur le trottoir de la University Drive  de Rochester Hills, berceau natal de la célèbre Madonna. Pour remercier son cavalier, d’un clin d’oeil, elle lui laissa entrevoir son 07 niché au creux de ses seins dodus. Le motard sourit de toutes ses dents déjà passées au blanc phosphorescent. Sa moto fit vrombir son moteur en guise d’appréciation. Une marguerite piquée sur son flanc,   Daisy ronronnait pendant que Bad Daddy ajustait les dentelles de son chemisier. Son pantacourt effiloché au dessous du genou gauche,  affichait un tatou nébuleux : une tête de violon des bois qu’il caressa du bout de ses doigts.  Il abaissa sa visière et reprit la route.
Du haut de ma tour, je ne pouvais qu’assister aux événements sans pouvoir d’intervention. Depuis la mort de mon frère Pawata, moi, le grand chaman de mon peuple, j’errais sur nos terres ancestrales. Tel Jonathan Livingstone , je voyageais à ma quête en semant le bon grain dans l’esprit des humains qui allaient bon train vers l’apocalypse. Je ne quittai pas des yeux ma Lolita, filiale de mon arbre généalogique, fille bien-aimée de Biche Ardente, qui servait la juste cause de la survivance planétaire.
Hier, cachée à l’ombre des cyprès, Lolita avait surpris  Slévich médusé devant des vers au milieu du cercle imberbe. D’une main tremblante, il nourrissait les vers avec des granules non identifiées, GNI.
Étonnée, n’y voyant que dalle, Lolita sortit son arsenal, celui qui la servait le mieux au jeu de séduction pour aborder son maître toujours pareillement kimonoté de soie rouge piquée d’or. Tentant lui tirer subtilement les vers du nez, Slévich, demeura muet comme une carpe. Puis, il craqua. La voix chevrotante, il révéla sa découverte à sa jeune stagiaire, née sous le signe du verseau.
Norman Bates contrôlait un empire de graines génétiquement modifiées, nommé Opération Pop Corn. Depuis plusieurs années sa fortune grossissait à vue d’oeil. Son comptable et complice, Dan Spencer le soutenait dans toutes ses transactions effectuées avec d’infâmes agents secrets à la solde de Suing Wang, un vrai Chinois de Chine.
Tous savent que la Chine veut le contrôle du blé d’Inde, mais seuls les USA gardaient jalousement le secret de ces graines achetées ? Mosustôt.  Slévich avait découvert le pot aux roses, quand d’aventure, il s’était attardé à observer le cercle imbherbe qui  grouillait de vers aussi longs que des alexandrins mesurables au kilomètre près. Comment fut-ce possible ? Débobiner de tels vers dans un si petit cercle. Grâce à son précieux flair, le nez de Slévich tomba pile sur la face du mannequin que  Norman Bates cachait dans sa chambre. Dans les poches du tablier que portait le mannequin de paille, il découvrit plusieurs sacs de papier de riz qui contenaient 880 petites enveloppes  identifiées avec des codes point barre, remplies de graines de concombre ou quoi d’autres encore ? Des armes de destructions massives pour transformer Détroit en un immense ranch ? Bates avec des fermes multi-légumineuses. L’auto destruction à rebours, le tic tac régulait le temps. Cette découverte n’était que la pointe du iceberg de ces vautours.
Slévich ne pouvait se résoudre à laisser dégénérer des vers d’une telle ampleur. Au temple de sa conscience cosmique, il ne pouvait accepter qu’on torture ainsi les carottes, les pieds de céleri et les épis de maïs et tutti quanti.
C’est ainsi qu’il fut convenu de tendre un piège au dangereux Norman Bates qui par surcroit, était un dépravé sexuel aux moeurs excentriques voire d’un sadisme digne des Satan Choice.
Sur University Drive, le Royal Park Hotel attendait Mr. Norman Bates.
Lolita traversa le hall d’entrée et demanda qu’on informe Mr. Norman Bates de son arrivée.

 

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18 thoughts on “LOLITA”

  1. aganticus says:

    Mr Hitch doit se retourner dans sa tombe : Grâce à Maman mannequin, Norman Bates est un trafiquant de graines ! C’eut été plus sympa pour toi qu’il soit trafiquant d’ordinateurs…
    Et Slévitch qui se fait sonnet pour quelques vers…
    Décidément cette aventure tourne autour d’une énigme, mais laquelle ?

  2. Marie Louve says:

    Attend que le FBI ou la CIA se mettent sur ce cas ! Des graines dans les ordinateurs et pouf ! tout saute. lol

  3. Marie Louve says:

    J’ajoute un S à Attends. Déjà que Maman-mannequin-de- paille c’est mieux que mannequin-cadavre, j’ai fait mon effort pour cacher les horreurs de Mr. Hitch. Pis en plus, j’suis juste un fantôme comment veux-tu que je survive autrement ? :-))

  4. bakachild says:

    Au secours, pas monssatan !!
    Slévich n’a donc pas tout dit à Rose et Bad ; pourquoi ?
    Un chapitre très cinématographique, précis, efficace.
    Hâte de savoir comment Lolita va s’y prendre avec Norman…

    1. bakachild says:

      Et ce petit carnet de Mrs Bates étrangement rempli de noms rayés, comme évoqué dans l’un des premiers chapitres de Di, que signifie-t-il ?

      1. Di says:

        Le meurtre avait eu lieu et Béatrice avait remarqué dans la vieille maison gardée par un homme une liste de noms sur un meuble dont un des noms était barré d’une croix à l’encre noire (ou bleue). Elle a pensé que c’était la dernière personne tuée en liste et que les autres noms étaient en attente de l’être à leur tour. Sauf qu’elle n’a pas eu le temps de lire les noms. Cela lui a donné la prémonition que les écrivains pourraient être les suivants. Et cela lui avait fait peur.

        1. Di says:

          J’ai trouvé : « Au retour, Béatrice 1ère constate que sur le bureau de madame Bates, un des noms inscrits comme locataires est recouvert d’une croix dessinée avec un stylo feutre noir. Je crois que c’est docteur Popaul. Voilà la machine à questions qui s’emballe … Il se passe des choses ici. » Je reviens bientôt.

  5. Marie Louve says:

    Mosus, monnsatan !! oui ! Ceux-là mêmes. Lolita n’est pas sortie du bois, mais elle trouvera mieux que le petit carnet de Mrs. Bates. Depuis, le temps, le fils a déclassé la mètre Bates. Pour Slévich, Lolita ne sait pas tout. Elle est verseau et Slévich est verlaine verbeux. Par contre, je crois savoir que la vie n’est pas rose du côté de Bates et son complice Spencer. À suivre.

    1. bakachild says:

      J’ignorais que Slévich était verbeuh 😀

      1. Marie Louve says:

        Encore chanceux Slévich verbeux… pire aurait été autrement. 🙂 Aux vers, on le chouchoute.

  6. Di says:

    Les Chinois ont besoin de blé d’inde pour faire des pâtés ? Steak-Patate-Blé-d’inde. Le vlimeux de Norman Bates. C’est pas juste un meurtrier, c’est un voleur … « criss ». J’emprunte le dernier mot à Béatrice. C’est pour ça que je l’écris entre guillemets, pour ne pas éveiller ses soupçons sur moi d’ici à ce que je lui remette. Que Lolita se console, son beau Slévitch finira peut-être par tomber sous son charme. En attendant, un duel annoncé depuis la création du Roman chorale s’en vient, Akatagi lui remettra t-il un message pour l’inviter ? Et aurons nous l’aide de Child, Paul, Marnie, Delphine et la Voix pour nous aider à nous calmer ? Ah ces vers, ce qu’ils font couler d’encre. Peut-être que ce serait bien aussi de demander un miracle à Pawata, mais j’ai confiance. Ayayaie … On est pas encore rendus au Paradis. Mais ça va venir, ça va venir … décourageons nous pas.

    1. aganticus says:

      De par sa mission mystique, Akatagi va vers les autres. Il n’invite pas à faire l’histoire mais il est heureux que les gens d’ici bas lui donnent un coup de main ou de plume.
      Ses colères sont celles de Pawata son père car il sait déjà qu’il ne sauvera pas le monde.
      Hélas…

      1. Di says:

        On ne sait jamais rien tant qu’on ne le sait pas, Aganticus. J’t’envoie un coup de plume de la part de Pawata, transmis par Peter Laroche du Canard géant de Détroit..

  7. Marie Louve says:

    Que oui, DI ! Ces Bates sont dangereux. Il ne faut surtout pas négliger la moindre information. Le silence de Marnie inquiète. Serait ‘elle secrètement cachée et sous la protection du shérif Hank ?

  8. Di says:

    Nous prenons la chose au sérieux. La télévision est sur vos traces et le shérif parle devant la caméra de l’émission de télé Le Canard géant de Détroit. Il sortira demain dans la journée.

    1. Marie Louve says:

      On demeure aux aguets et à l’écoute du Canard !

  9. Di says:

    Ça ressemble drôlement à l’Origine du monde la photo ci-là haut. Good night ! I am so tired.

  10. Lenaïg says:

    On est gâtés ici : on a la belle prose poétique et une énorme révélation ! Et l’humour en plus, mais il va en falloir beaucoup, ou plus que de l’humour contre Monssatan ! 🙂

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