Elles Hos-Air les faits minimes

Ma flamme,

Dans le gel hivernal tout se fige, les arbrisseaux, branches et feuilles se couvrent d’un voile blanc, crissent et se font cassants. La nature oublie sa souplesse, la libre circulation des flux de la vie, la sève.

En hibernation on dirait que tout est mort. Avec conscience, on réalise qu’ils résistent nus et anonymes, préparant leur retour au printemps. Dans cette promenade glaciale, ce retour paraît improbable. Ce matin, je me demande si une part de moi n’est pas restée prisonnière de la glace, en résistance à jamais.

Proscrire les mots, toujours, jamais, rien et tout. Me libérer des vieilles croyances transmises de génération en génération. Codage qui maintient dans le doute et les peurs.

Heureusement je respire le soleil et diffuse sa chaleur et lumière. Chaque inspire fantasme l’éternel, de s’arrêter et parader.

Connais-tu le mode de reproduction des Manchots empereurs ?

Le mâle couve l’œuf. A la sortie de l’été, la femelle lui confie sa ponte. Il va la porter dans son plumage pendant près de 4 mois. Pour survivre au froid et aux vents, les mâles se regroupent et se tiennent les uns contre les autres, limitant tout mouvement. Durant tout le temps du voyage, de la cour à la couvaison, le mâle perd 10 à 15 kg, soit 30 à 45 % de sa masse initiale.

Pourquoi j’ai eu envie de te raconter cette histoire ? Pour parler d’immobilité, rigidité dans le don de l’amour, de la vie ?

Cette lettre est bien peu aboutie, une goutte d’eau dans les vagues.

Merci

Air

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