🧐 Anecdote d’Amin Maalouf à propos de l’anthropologue Claude Levi-Strauss :
« En contemplant d’autres photos emblématiques, prises quarante ans plus tard, et que l’on trouve également sur la couverture de nombreux livres et revues, on voit le même visage strict, désormais sans barbe, mais avec des lunettes similaires, un regard identique, et sur l’épaule un choucas, oiseau de la famille du corbeau. Son compagnon ailé lui avait été offert un jour par un ami qui l’avait recueilli tout petit lors de la réfection de la toiture d’une église. Ces volatiles font d’ordinaire leurs nids dans des lieux élevés, ce qui leur vaut d’être nommés « les choucas des tours ». Lévi-Strauss adopta l’oisillon, mais refusa de le mettre en cage. Lorsqu’il le jugea capable de voler, il lui ouvrit la fenêtre pour le laisser partir. Désormais, chaque fois qu’il sortait dans le parc de sa maison, il appelait le choucas, qui venait aussitôt se poser sur son épaule, et ils faisaient leur promenade ensemble.
Quand il fallut rentrer à Paris, à la fin de cet été-là, il confia sa veste au jardinier en lui demandant de la porter et de déambuler chaque jour dans les mêmes sentiers, dans l’espoir que l’oiseau reprendrait ses habitudes avec lui. Mais le choucas n’est jamais revenu. Ce n’était pas la veste qui l’attirait, c’était Lévi-Strauss. »

Extrait de : https://www.lorientlejour.com/article/763864/Lintegralite_du_discours_dAmin_Maalouf_a_lAcademie_francaise.html?fbclid=IwAR2P5VIluaz9MQIF5akItFd_F_vZUw3GWK_Q7D4_p5KQvbAZGFsRirzwIN0

Lu 82 fois

Téléchargez l'article au format

By Bakachild

" Mais si j’enfonce un mot violent comme un clou je veux qu’il suppure dans la phrase comme une ecchymose à cent trous." A. A.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.