27 septembre 2021

1 thought on “LAT, altruiste?

  1. C’est drôle, je n’avais jamais envisagé d’écrire à ce sujet, mais l’on me demandait hier, sachant que j' »officiais » pour un obscur site de livres à télécharger, si je ne pensais pas contribuer de ce fait à la disparition, ni plus ni moins, du livre papier.
    Goûtant peu aux lamentations quant à l’instabilité météorologique, j’exposai à mon interlocuteur, tel Bouddha dans son immentissime sagesse, un geste de la main gauche signifiant que je m’extrayais à tout débat de ce type, légitime mais rabâché.
    Les craintifs faisant du souci du caractère sensuel du livre papier le principal argument de leur exposé, il s’agit dès lors de déployer une contre-argumentation subtile qui s’approprie cet argument en question et auquel je souscris tout entier; il n’est bien sûr nullement question de renverser l’argument en prônant identiquement mais à l’opposé un similaire rapport quasi-érotique qu’entretiendrait le lecteur avec la liseuse constituée de matières pour le moins détestables, cette éventualité n’étant tout bonnement réalisable, l’humain étant ce qu’il est… Tout lecteur quel qu’il soit, adepte des nouveaux supports ou exclusivement fidèle au bon papier, ne peut nier ni le lien qui l’unit à ce dernier ni le plaisir du texte qui s’effile et se déploie tout le long des pages qui (se) tournent sous l’impulsion de nos doigts fébriles ou du vent taquin. Ainsi, je ne connais pas un défenseur des formats numériques qui aurait ne serait-ce qu’envisagé de se revendiquer dans le même temps contempteur du livre tel que l’homme l’a imaginé et l’a toujours connu. Le pseudo-débat, dès lors, apparaît à mes yeux comme biaisé d’emblée.
    La question susceptible d’en finir avec les caricatures se poserait ainsi en des termes plus nuancés, par-delà le stérile esprit de combat d’arène que l’on voudrait distiller dans et par l’opinion; la question pourrait pointer, au lieu de s’articuler bêtement autour du clivage des pro- et anti- e-books, l’intérêt de ce dernier en complément du livre papier. La pression du petit microcosme des grandes maisons d’édition alimentant sciemment ce conflit en vue d’opérer un étouffement des créateurs dans leur plus grande diversité, le mieux pour le lecteur mobile est encore d’offrir à la vue de l’opinion sa largesse d’esprit en s’ornant de ses deux Graal inséparables: sa liseuse légère et pleine de plus d’une centaines d’ouvrages, et son livre papier du moment.
    Le plus discount des sac-à-dos est capable de porter et supporter les deux objets à la fois…

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