Roman chorale 4

Oh, mais je n’ai pas lu Les enfants du capitaine Grant ! J’ai dû me renseigner, réapprendre que c’est un roman de Jules Verne et il faut absolument que je me le procure et que je l’emporte dans mes bagages, les quelques lignes découvertes sur Wikipedia m’ont mis l’eau à la bouche … Notre égérie (!) dans son chapitre préliminaire à nos éventuelles aventures les a mentionnés, ces enfants et il semblerait qu’elle m’ait incluse en se posant la question de savoir si « nous » en étions …

Une communauté littéraire à Détroit ! La rejoindre, donc, en faire partie ! Mais je ne suis qu’une écrivaillonne, selon le terme utilisé par un animateur de Cafés philo qui évoquait les blogueurs d’une manière générale, consciente de mes limites mais fière parfois de ce que je ponds, d’accord ; de là à prétendre apporter mon grain de sel à la … littérature mondiale, il n’y a pas qu’un pas ! Alors, y aller au culot, prendre ce nouveau train en marche comme je l’ai souvent fait dans ma vie ? Ma foi, pourquoi pas ? Je n’ai pas grand chose à y perdre, à mon âge, plutôt à y gagner, au lieu de rester mariner dans des tas de problèmes administratifs pour un travail partiel ! Décidé, je vais signer !

Ce sera de la navigation à vue, si je puis m’exprimer ainsi, moi qui sans mes lunettes serais désespérée et … les lentilles, longtemps portées par coquetterie et avec plaisir, je les ai laissées tomber depuis cinq ans environ ! Donc, lunettes sur le nez, j’affronterai le flou dans toute sa splendeur : problématique, énigmatique, artistique. Je connais un peu déjà d’autres personnalités que notre égérie a également contactées, non des moindres je dirai ! J’aime ce qu’ils écrivent et leurs univers. Quel est le mien, en écriture ? Bah, je ne veux pas m’analyser, je veux juste foncer, ainsi je justifierai le signe sous lequel je suis née, le bélier. En attendant, je me suis déjà sentie transportée par les trois premiers chapitres rédigés par mes futurs colocataires de la demeure de Détroit où nous serons installés. Je mettrai les pieds pour la première fois aux Etats-unis ; pour empêcher l’angoisse du grand changement me gagner, je me munirai d’un anxiolytique en secret (ou pas, selon la confiance que j’aurai envers mes compagnons d’aventure et le fil des conversations), la panique et le manque de confiance ainsi seront jugulés, je serai dans l’action.

Rien à perdre, donc, oublier les frousses stupides, les phobies (brrr, l’idée d’avoir à frayer avec des punaises de lit, comme dans l’école d’infirmières déserte d’Agadir en plein mois d’août autrefois, ne me fait pas rire du tout et il paraît que les punaises de lit sont en accroissement stupéfiant dans toutes les grandes villes, New York déjà, sûrement Détroit aussi …), faire fi de mes allergies aussi (emporter les médicaments qu’il faut) ! Bon, la demeure sur la photo, toute pittoresque qu’elle soit, tombe en ruines ; j’ai eu beau plaisanter au départ et écrire que c’était celle-là qu’il nous fallait, non non, même si elle excite l’imagination, même si je ne manquerai pas d’aller la contempler une fois sur place, j’espère bien que nous emménagerons dans un immeuble habitable et sans trop de réparations à faire.

Ensuite, rien ne m’empêchera de faire comme si nous avions été obligés de nous y installer, dans cette demeure fantomatique et d’inventer une histoire du genre anti-conte de fée, sur les traces du californien Lemony Snicket, alias Daniel Handler, et ses Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (si bien nommés!). Au contraire de lui, moi je n’aurai pas à me forcer au départ, j’aime les contes de fée et surtout tenter de les réinventer ; je peux envisager de plancher sur un chapitre où tout sera désastreux dans cette maison en ruine qui nous accueillera provisoirement, nous les enfants du capitaine Grant dont parlait Sophie, ou encore les orphelins Baudelaire qui n’ont, j’en suis presque sûre, rien à leur envier ! Ou plancher sur autre chose dans cette atmosphère de ville à l’abandon et à la dérive, où la vie n’a pas dit son dernier mot.

Lenaïg

 

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10 thoughts on “Roman chorale 4

  1. Dans ce beau château branlant, nous referons vivre les fantômes. Heureuse de te retrouver dans ce train qui roule entre les espaces perdus. Ne faut pas oublier la précieuse ford intérieure de l’ami aganticus.

  2. Merci, Marie Louve, de t’être donné la peine de poser un commentaire ! Merci aussi à David, que j’ai eu le temps d’apercevoir avant de m’absenter alors que je cafouillais complètement et que j’avais fait disparaître mon texte de la page,du moins aux yeux des éventuels lecteurs. Bah, plus de flou sur mon identité en tout cas, me voici sous mon patronyme, au fond c’est mieux comme cela, j’en ai plutôt ras le bol de ne pas toujours savoir qui se cache derrière les pseudos, le fait de me connecter par facebook est responsable de ce changement (et sans doute à l’origine du cafouillage aussi).
    Ma ford intérieure, pour ce bout d’essai, n’a pas été traversée d’éclair de génie, tant pis ! J’aurais été très inspirée par les photos que vous avez pris, toi et Michel, ne connaissant pas les US ni Détroit, mais je ne m’estimais pas le droit de broder là-dessus, j’espère bien que tu t’en chargeras.

  3. Bonsoir, Bakalostchild 😉 ! Merci pour tes encouragements. Mais pendant que je visiterai, ici et … à Détroit, j’espère bien que « on » ajoutera des chapitres et que le nombre de participants s’agrandira.

  4. beau portrait en creux d’une auteure se révélant impressionniste, par petites touches qu’elle dilue ensuite pour en faire un pastel. Se jeter à l’eau où flottent quelques débris n’est pas simple; au prochain auteur de nous donner à lire, à voir et à sentir… j’ai hâte.

  5. Pace è salute à vous, Sophie et Slévich, et à tous ! Hé hé, merci Sophie, ton comm qui me transforme en peintre, impressionniste en plus, me fait bien plaisir ! Si la « douce chaumière » tombe dans le ravin, Slévich, ben nous nous échapperons à temps, comme les dits orphelins, et nous rebondirons ! Moi aussi, j’ai hâte d’en lire plus !

  6. Toi aussi tu t’es mise à proposer tous ces chemins de folles sagesses qui attirent irrésistiblement vers l’envie de dépoussiérer son clavier.
    L’auteure étant à la hauteur, les futurs textes devront y être itou.
    Il me va falloir rebondir avec vous dans ce coin du monde où les amortisseurs ont joués un rôle d’égérie pour le ford des halls.
    Le sieur Cadillac devra se remuer dans sa tombe lorsque les enfants de LAT en auront fini avec lui.
    J’enclenche la machine à produire…

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