En ce mois de février, la neige de Détroit shootait le nez des héroïnes coquines et la sagesse populaire trouvait ça stupéfiant.

Pawata tira une grosse bouffe sur son calumet « spécial heures moroses » et un gros nuage rose envahit le tipi des hippies anonymes au grand dam des chipies-objet qui chipotaient toujours un peu.

Sur un air ancestral, le « boléro de Cabrel », Pawata se mit à danser sur un pied, puis sur l’autre jusqu’au moment où il ne sut plus sur lequel danser.

Il se gratta alors le scalp en signe d’hésitation, se prépara une incantation au thé « Earl Grey » et laissa partir vagabonder l’esprit plein de sel de ses ancêtres les Outaouais.

Où en était la maison des artistes dans le village appelé maintenant Détroit ?

Que devenait le cercle imbherbe où chacun pouvait y voir son avenir ?

L’avenir étant devant, celui qui se retournait l’avait dans le dos mais pouvait contempler son passé.

Passé composé de morceaux de vie, passé pas si simple à conjuguer ou passé antérieur aux artilleurs trop rieurs qui, de leur plume agile, tiraient des lignes d’un roman en chorale coopérative.

Ces plumes, léguées par la coiffe majestueuse de Pawata, emplissaient de petits épisodes de vie intemporelle comme une noria empli le bassin de ses godets : à la fin, le roman sera plein du patchwork réunissant les plumes et LAT pourra enfin soupirer : « OK Chorale »…

Chacun y amenait sa dîme, chacun y versait son écot et l’écho déversait l’approbation silencieuse d’une majorité attentive.

De la mère Bates au sieur Paul émule du docteur Popaul en passant par Livingstone, sa copine Marinette et la cousine Marnie, Robert Bloch qui créait la psychose et Yanis qui veillait, Béatrice, Henry Ford, des chats qui avaient du chien, tous les héros défilaient comme les défilés de l’Hérault en crue ; qui l’eut cru ?

Persuadé que les faces blanches continueraient à remplir les pages blanches, Pawata jugea, tout de même, qu’il manquait la patte d’un grand maître, d’un sorcier en images, pour faire perdurer son message sur la folie des hommes.

Après avoir gravi ses trente neuf marches, il se pencha à sa fenêtre sur cour et eut des sueurs froides…

« Hugh, c’est lui mon sorcier » se dit-il et approchant l’esprit du grand magicien, il lui souffla quelques rêves de scénario.

Des images mi-ombre mi-lumière, de l’amour pour une mère tournant à la folie, des dollars tout chauds servis et une douche mémorable sur un visage terrifié.

Les ingrédients macéreraient dans l’ambiance d’un motel bizarre et la fin serait, bien sûr, moralement incorrecte car le suspens à ses raisons que la raison ne connait pas.

Ce matin là, Alfred Hitchcock se leva avec un petit sourire aux lèvres.

Et Dieu sait s’il est rare de voir sir Alfred Hitchcock sourire   

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