Roman chorale la vision de Pawata

Pawata retourna son sablier.

Déjà quatre siècles d’écoulés et la folie de l’homme ne faisait qu’augmenter.

Pourtant, après Little Big Horn, les faces pâles auraient dû comprendre que leur invincibilité de conquérants n’était qu’un leurre jeté comme une poudre trompeuse à leurs yeux aveugles.

Mais ils avaient continué leur démence d’orgueil déclarant ça et là des guerres de prétexte.

En créant le cercle imbherbe, Pawata avait espéré une paix universelle qui serait engendrée par les artistes en résidence dans la vieille maison mais il sentait bien l’influence de Mukya, le  grand Mukya, sage parmi les singes, et de son envoyé sur terre « El Niño » qui préconisait une battle de sonnets…

Feuilletant ses notes, il éplucha la définition du sonnet :

 » La disposition des rimes de ces premiers sonnets est abab abab cde cde/cdc cdc, le mètre est un hendécasyllabe, vers où l’accent tombe sur la dixième syllabe. Pétrarque le rend célèbre dans ses Canzoniere. Ses sonnets riment sur les modèles abba abba cde cde (38 % de tercets parallèles), abba abba cdc dcd (36 % de tercets retournés) et abba abba cde dce (21 % de tercets à tête inversée) mais l’on trouve des formes très variées à la même époque ; seule une disposition des tercets en ccd …, c’est-à-dire la création d’un distique au milieu du poème, était prohibée — d’où le paradoxe du sonnet en France qui l’impose systématiquement dans ses deux formes régulières… »

Une battle de sonnets ? Pourquoi pas de demi-rondeaux en ballade terminés par une avalanche de Laïs posée en calligramme, tant qu’on y était?

Pawata voyait là une possibilité d’éloignement de l’intérêt des écrivains de la prose ; déjà que la succession d’idée de chacun devenait très difficile à suivre; il se demandait si ces bribes de roman s’uniraient en chorale, un jour prochain, pour former cet hymne à la fraternité, but affirmé par la confrérie des « chevaliers de  la plume »

Pourquoi une battle quand une complicité serait plus productive et pourquoi ne pas laisser le libre choix d’expression à chacun pour chercher le Grâal des sagesses ?  Pourquoi les personnages ne se rencontreraient-ils pas (enfin) pour s’allier en complémentarité comme des pianistes qui jouent un morceau à quatre mains ?

Pawata alluma alors le grand feu de la claire amitié et commença à faire les signaux de fumée à l’ensemble des artistes de la maison de Détroit Michigan: « Edgard, toi qui à du pot, allie-toi à Robert pour rendre la maison des artistes aussi sereine que le chant du pinson qui a échappé à l’impôt et avec vos plumitifs  faites nous un écrit sur l’amitié qui sauve, en vers, en vert, en prose, en pose, en alexandrins, en Alex sans drain  et autres sonorités bien sonnées mais toujours dans la liberté du choix de l’écrit ».

Que l’esprit sage de Manitou vous accompagne. Hugh !

Lu 113 fois

Téléchargez l'article au format